En ces temps de réchauffement de la planète, il est un devoir citoyen de faire ce qui est de notre ressort pour économiser l’énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et pour économiser l’énergie, commençons par ne pas la gaspiller.
Dans une maison, une part important des dépenses énergétiques est consacrée à nous réchauffer et à nous raffraîchir par rapport à la température extérieure. Cette énergie nous arrive sous forme électrique (cas simple) et se transforme en chaleur par le biais des radiateurs, convecteurs ou radiants. Cette énergie élève la température dans la maison.
Idéalement, rien ne se perd et une fois la maison chaude, on coupe la source d’énergie et la température reste constante. Mais dans la vraie vie, il n’en va pas de même, on s’en doute bien. Dans la vraie vie, tout le monde sait que si la température extérieure est plus basse que la température intérieure, la maison va se refroidir, à une certaine vitesse. Donc pour maintenir la température intérieure par rapport à la température extérieure, il faudra fournir une certaine quantité d’énergie. Et on se doute bien que plus la surface de mur est importante, plus cette quantité d’énergie est importante. On commence donc à entrevoir les paramètres qui vont jouer pour caractériser une isolation.
- la puissance à fournir (la puissance par définition, c’est l’énergie par unité de temps) en Watt [W]
- la différence de température en degré [°] (Kelvin ou Celcius, c’est indifférent puisqu’on considère une différence de température)
- la surface de mur en mètre carré [m²]
On caractérise une qualité d’isolation par sa résistance thermique qui n’est autre que l’inverse de la puissance à fournir pour maintenir une différence de température de 1 degré de part et d’autre d’une surface de 1 mètre carré. Ce rapport noté R est inscrit sur les isolantes thermiques. Plus il est haut, moins il faudra d’énergie pour maintenir la différence de température, meilleure est l’isolation. Et commen en électricité, si on double l’épaisseur d’isolant, on double le rapport, c’est comme mettre les résistance en série. Pour avoir un ordre de grandeur, une épaisseur de 8 centimètres de laine de verre (ou de laine de roche) a environ une résistance thermique de 2 m²°/W, un bloc béton de 20cm d’épaisseur a un R = 0,18 m²°/W (!), un bloc monomur (espère de parpaing alvéolé feuilleté, asez cher) de 37cm d’épaisseur a un R = 2,3 m²°/W.
Maintenant qu’on sait comment juger d’un bon isolant on doit savoir par où s’oppèrent les pertes de chaleur dans la maison. En consultant le site de l’ADEME on constate que sur l’ensemble des pertes, les pertes par le sol représentent 7%, les pertes par les murs 25%, par les vitres 13%, par l’air renouvelé 20%, la toirure 30% et les pont thermiques 5%. Alors je vous entends déjà « C’est quoi un pont thermique ? » Non ? Vous savez tous ? Alors je ne sais pas ce que vous pourrez apprendre sur ce blog
Bon alors je l’écris pour moi, au cas où j’oublierais, et toujours selon le site de l’ADEME « Pont thermique : zone ponctuelle ou linéaire qui, dans l’enveloppe d’un bâtiment, présente une moindre résistance thermique » En clair, il faut faire attention aux jointures entre les surfaces d’isolants. Par exemple, entre les murs et le plancher, ou entre les murs et le plafond, ou dans les encadrements de fenêtres… C’est plus clair ? Parfait !
Donc le plus gros contributeur de perte, c’est le toit, ou le plafond. Donc on a deux solutions : soit on isole directement sous le toit, pour une toiture rampante (poutres apparentes comme diraient certains humouristes), soit on isole directement sur le plafond du dernier niveau de la maison, sous les fermettes. Les normes disent 20cm de laine de roche déroulée mais c’est en cours d’évolution pour homologuer l’isolation en flocon projeté sur le plafond depuis les combles.
Pour les murs, les techniques diffèrent selon les constructeurs. Certains posent 85mm de laine de verre sur les parpaings, maintenus par une armature métallique sur laquelle on vient fixer une plaque de platre de 13 mm communément appelée BA13. D’autres préfèrent des plaques composées de plaque de platre de 10mm sur lequel est collé (je suppose) du polystyrène de 80mm. C’est une question de goût, de tarif, d’habitude. La pose est moins chère avec le polystyrène… La question est complèxe et nous sommes preneurs de vos retours sur la question (lachez vos coms, comme y disent les djeunz).
Pour les vitres, les encadrements en PVC ou en bois sont maintenant assez bien conçus. Quant au vitrage lui même, le progès à bien fait son travail. On place 2 plaques de verre de 4mm de part et d’autre d’une lame de gaz argon de 16mm. L’isolation obtenue a un R supérieur à 2 m²°/W… pas mal ! On peut aussi avoir un traitement solaire qui permet à la lumière de rentrer mais de limiter les pertes par rayonnement. C’est une protection semblable à ce qu’on a sur les pare-brise athermiques des voitures.
Pour les planchers, en l’occurence surtout entre le rez de chaussée et le vide sanitaire, l’isolation est assurée par des hourdis en polystyrène.
Pour l’air renouvelé…. je ne sais pas ! Dommage, ca représente quand même 20% des pertes ! Je crois que le site de l’ADEME a un dossier bien fait sur l’aération, élément important d’une maison saine.
Les ponts thermiques doivent être étudiés lors de la conception même des techniques de constructions. C’est de la logique, il faut faire attention à ce qu’on fait.
Une fois toute l’isolation réfléchie, on doit pouvoir économiser une grande partie de l’énergie jadis utilisée pour maintenir une douce chaleur dans les frimas de l’hiver. Des que la maison est construite et qu’on passe notre premier hiver dedans, promis, on fait le bilan ici même !